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2018 : le mouvement autour du harcèlement sexuel se poursuit

15 janvier 2018 in Un peu de sérieux - No Comments

Comme bilan de l’année 2017, je pense pertinent de faire un retour sur les événements particulièrement forts qui l’ont marquée sur le plan féminin/féministe et qui continue, en ces premier jours de 2018, de faire les gros titres. Je l’avais plus ou moins annoncé en annexe de la publication de mon Tweet le 02/01/17, écrire des articles sur des sujets d’actualité me fait envie depuis un petit moment mais aussi, m’effraye. C’est l’occasion, pour marquer le début de cette nouvelle année, de me lancer. Il faudra peut-être être clément…
L’affaire Weinstein a été comme un coup de canon dans la sphère médiatique en octobre 2017, et a répandu derrière elle une traînée de poudre, de bien plus grande amplitude qu’escomptée. Une à une, les victimes du producteur hollywoodien ont pris la parole et sont revenues sur les méfaits qu’elles auraient subis de sa part, allant du harcèlement au viol et choquant l’opinion publique. Le manque de fiabilité de ces accusations, dans un phénomène d’une telle ampleur, a participé à alimenter la polémique qui a suivi. Comment prouver, des années parfois après les faits, des attouchements survenus dans un cadre privé ? Nul n’est à l’abri qu’il y est parmi les victimes, des profiteuses de l’ampleur du scandale. C’est la parole de toutes ces actrices, de Lena Headey à Eva Green, contre celle d’Harvey Weinstein, qui est loin d’être à son avantage. Asia Argento a fait un bilan de ses victimes, fin octobre, dénombrant une cinquantaine de victimes et quatorze viols. D’autres femmes ont pris la parole dans les mois qui ont suivi, incriminant d’autres personnalités du cinéma. Je pense notamment au cas d’Ed Westwick – aka Chuck Bass dans Gossip Girl – qui m’a touchée plus personnellement car il était mon sex symbol de pré-adolescence… En quelques jours, deux jeunes femmes ont témoigné de viols qu’il aurait commis, ce qu’il a totalement nié. Dernièrement, j’ai également entendu des propos sur Coles Prouse – aka Jughead Jones dans Riverdale – selon lesquels il aurait contraint son ex petite-amie à faire un plan à trois. La rumeur a circulé sur les réseaux sociaux et n’a jamais donné lieu à quoi que ce soit, c’est pourquoi il me semble imprudent de s’y fier.

Asia Argento on TwitterAsia Argento on Twitter

Here’s the list of the 93 women who were sexually assaulted by #HarveyWeinstein.14 rapes as of today. We the victims have compiled this list

https://twitter.com/asiaargento/status/925147181060894721

L’épidémie s’est rapidement répandue dans la sphère politique, sur les deux versants de la Manche. En France, le député de LREM Christophe Arend, l’ancien ministre socialiste Pierre Foxe et Denis Baupin, écologiste actuellement vice-président de l’Assemblée Nationale ont reçu des accusations d’agressions sexuelles de portées variables, pour le moment sans effet outre les retombées médiatiques. En revanche, l’ancien ministre de la Défense du Royaume-Uni Michael Fallon a démissionné au mois de novembre suite à une série d’allégations, dans lesquelles il reconnaissait une part de vérité mais surtout, de ne pas avoir été “à la hauteur des standards que nous attendons de l’armée britannique que j’ai l’honneur de représenter”. Un départ digne et d’apparence honnête, tout du moins. Plus au Nord encore, le président du parlement groenlandais s’est trouvé dans cette même situation et en Suède, c’est dans le monde de l’art et dans le champs de gravité de l’Académie que des plaintes ont été déposées avec le cas d’un artiste, très reconnu et notoire pour ses agissements, accusé par dix-huit femmes reliées à l’Académie. La présomption d’innocence empêche de divulguer son identité pour le moment.

Ce feu d’artifices porté par des personnalités de toutes natures a donné naissance au mouvement “MeToo” sur les réseaux sociaux permettant à leurs utilisatrices de parler de ce qu’elles ont subi. Une semaine avant sa mort, l’anthropologue spécialisée dans les rapports entre les sexes Françoise Héritier exprimait à quel point elle trouvait ce mouvement “formidable”, dans lequel elle voyait un véritable tournant dans l’évolution de la place de la femme dans la société.

J’en arrive enfin à ce début de 2018, qu’Oprah Winfrey a introduit comme une continuation de cette dynamique lors de son discours aux Golden Globes, électrisant ses spectateurs et l’opinion publique. Par ailleurs, James Franco a dû répondre à son tour à des accusations suite à la cérémonie. Aujourd’hui, on parle d’une potentielle présidence pour l’ancienne présentatrice de TV-show, engagée dans la lutte des femmes et de la ségrégation raciale et très populaire. Si elle n’a pas encore parlé de sa candidature tant attendue, elle a déjà déclaré ne pas se sous-estimer à l’actuel occupant de la Maison Blanche…

Le timing était parfait, en plein mouvement “Time’s Up” contre le harcèlement sexuel et les violences faits aux femmes. Essentiellement centré aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, il réunit des hommes comme des femmes dont Cara Delevigne qui n’a pas manqué de l’afficher sur son feed Instagram.

Standing in solidarity #TIMESUP #WHYWEWEARBLACK @timesupnowStanding in solidarity #TIMESUP #WHYWEWEARBLACK @timesupnow

1m Likes, 2,114 Comments – Cara Delevingne (@caradelevingne) on Instagram: “Standing in solidarity #TIMESUP #WHYWEWEARBLACK @timesupnow”

https://www.instagram.com/p/Bdq6aCKl02H/

En France, c’est plutôt une contre-dynamique qui a sévi pour démarrer l’année. La Tribune des 100 femmes (comptant parmi elles Catherine Deneuve, Catherine Millet, Elisabeth Lévy, …) a dénoncé un féminisme empreint de “haine des hommes” et une atteinte à “la liberté d’importuner, indispensable à la vie sexuelle”, qu’elles assimilent à une forme de puritanisme et de victimisation de la femme, à une volonté de la faire paraître faible. Leur regard sur #MeToo est assez explicite dans ce passage :

De fait, #metoo a entraîné dans la presse et sur les réseaux sociaux une campagne de délations et de mises en accusation publiques d’individus qui, sans qu’on leur laisse la possibilité ni de répondre ni de se défendre, ont été mis exactement sur le même plan que des agresseurs sexuels. Cette justice expéditive a déjà ses victimes, des hommes sanctionnés dans l’exercice de leur métier, contraints à la démission, etc., alors qu’ils n’ont eu pour seul tort que d’avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses « intimes » lors d’un dîner professionnel ou d’avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l’attirance n’était pas réciproque.

Le Monde

Je considère ce passage comme le plus, si ce n’est l’unique, porteur de vérités de la fraction de tribune que j’ai pu lire, n’étant pas abonnée au Monde ! Au milieu de cette tempête d’allégations, il est certain que toutes n’étaient pas avérées et ont entraîné des conséquences néfastes et disproportionnées au regard des faits commis par leurs victimes. Sans cette agitation médiatique, les choses se passeraient et se seraient passées différemment pour bon nombre d’entre eux. Cette mouvance visant à rétablir la justice a certainement eu des effets contre-productifs en commettant des injustices, car comme tous les mouvements de fond, celui-ci connaît et connaîtra encore des débordements. Les questions qui se posent sont les suivantes : n’est-ce pas un mal pour un bien ? Peut-on considérer que des cas de sentences estimées trop dures  aujourd’hui puissent servir à l’avancée du mouvement ? Ou au contraire, ne seront-ils pas pris pour exemples d’extrémités qui en auront découlé ? Le débat est loin d’être terminé sur le sujet.

Car au fond se cache, derrière cette soi-disant liberté d’importuner, une vision terriblement déterministe du masculin : «un porc, tu nais». Les hommes qui m’entourent rougissent et s’insurgent de ceux qui m’insultent. De ceux qui éjaculent sur mon manteau à huit heures du matin. Du patron qui me fait comprendre à quoi je devrais mon avancement. Du professeur qui échange une pipe contre un stage. Du passant qui me demande si «je baise» et finit par me traiter de «salope».

Texte de Leïla Slimani – Marie-Claire

L’auteure Leïla Slimani a répondu à cette tribune par un texte intitulé “je réclame le droit de ne pas être importunée”, de son style habituel, à la puissance presque agressive. Le passage que j’ai sélectionné résume plutôt bien, à mon sens, l’ensemble de son propos et le ton employé.

J’aimerais simplement revenir au procès que Taylor Swift a gagné en août 2017, c’est-à-dire deux mois avant l’explosion de l’affaire Weinstein, à l’encontre du DJ David Mueller, pour lui avoir attrapé les fesses durant une séance photos en 2013. Elle se posait dès lors comme la porte-parole de toutes les victimes d’agressions sexuelles. Mieux, elle n’a demandé qu’un dollar de charges de dédommagement pécuniaires, en symbole et en preuve de sa bonne volonté. Il faut croire qu’elle préparait le terrain aux femmes ayant envie de “dire non”.

La question de la femme dans la société n’est pas nouvelle et n’avait pas été abordée sous un angle aussi personnel depuis longtemps. On estime qu’une femme sur quatre a déjà été victime d’agression sexiste. La lutte contre le harcèlement et la violence envers les femmes sont des combats primordiaux dans la progression de notre statut dans la société. Prétendre à l’égalité des sexes n’a aucun sens si des traitements semblables sont encore infligés. La Suède, pays innovant dans ce domaine et doté d’un “gouvernement féministe”, occupe pourtant les premières places dans les classements européens sur les taux de viols et de violences conjugales. Il était donc temps de revoir l’ordre des priorités du combat des femmes et que la violence et le harcèlement passent en tête. Ces comportements sont révélateurs de problèmes sociaux profonds, auxquels il faut remédier et ne plus tolérer.

MILADIES

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Lady : fantasme ultime et intemporel de la féminité ; femme de caractère, éclectique et stylée par essence, élégante, cultivée et ambitieuse. Suite

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